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Inde : Les minorités religieuses et les voix critiques illégalement prises pour cible

La répression sur le plan intérieur compromet les efforts de l’Inde en matière de leadership mondial

Des policiers indiens surveillaient des ressortissants bangladais présumés en situation irrégulière, arrêtés lors de descentes de police effectuées à Ahmedabad, ville située dans l'État du Gujarat, dans le nord-ouest de l'Inde. le 26 avril 2025.   © 2025 Reuters/Amit Dave

(Bangkok) – Le gouvernement indien, dirigé par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), a diffamé les minorités religieuses et expulsé des centaines de musulmans parlant le bengali et de réfugiés rohingyas, qualifiés d’« immigrants illégaux », en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les autorités ont intensifié leur répression contre des personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement et ont fait pression sur les médias pour qu’ils s’autocensurent ; ces actions ont favorisé des exactions de la part d’agents gouvernementaux et de partisans du BJP.

« Le gouvernement indien a normalisé la violence contre les minorités religieuses, les groupes marginalisés et les critiques par le biais de politiques discriminatoires, de discours haineux et de poursuites judiciaires à motivation politique », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie de Human Rights Watch. « Au lieu de revenir sur ses politiques abusives pour promouvoir le pays comme une voix mondiale en matière de droits humains, le gouvernement du BJP a nui à la réputation de l’Inde sur la scène internationale. »

Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

  • En avril 2025, une attaque meurtrière perpétrée au Jammu-et-Cachemire par des hommes armés qui ont ciblé des touristes hindous a déclenché un conflit armé de quatre jours entre l'Inde et le Pakistan. À la suite à ces événements, les autorités indiennes ont réprimé la dissidence en bloquant brièvement certains médias et commentateurs indépendants, en arrêtant des personnes pour leurs commentaires sur les réseaux sociaux, et en intentant des poursuites contre des universitaires et des satiristes.
  • Les discours de haine, souvent associés à des groupes nationalistes hindous, et les attaques contre les musulmans se sont multipliés. Les autorités ont continué de procéder à des démolitions illégales de maisons et de propriétés appartenant à des musulmans, prétextant qu'elles avaient été construites illégalement, qu'elles appartenaient à de présumés militants ou qu'elles étaient occupées par des « immigrants illégaux », des actions contraires à un arrêt de la Cour suprême.
  • Au Ladakh, en septembre, la police a tué quatre personnes après que des manifestations réclamant l'autonomie ont dégénéré en violences et que des manifestants ont incendié un véhicule de police ainsi que des bureaux du parti BJP. Les autorités ont temporairement coupé l'accès à Internet mobile et arrêté Sonam Wangchuk, un enseignant et activiste climatique, dans une affaire à motivation politique relevant de la Loi sur la sécurité nationale.
  • Plusieurs activistes, dont des étudiants, sont restés emprisonnés sans inculpation en vertu d'une loi antiterroriste abusive. Les autorités ont également utilisé les lois sur le financement étranger, les lois antiterroristes, des enquêtes financières fabriquées de toutes pièces ainsi que d'autres moyens pour harceler et poursuivre des activistes, des organisations de la société civile ainsi que les opposants politiques du BJP.
  • La Commission électorale a fait face à des accusations croissantes de partialité de la part de politiciens de l'opposition et de défenseurs des droits, notamment concernant des fraudes électorales ainsi que des incohérences dans les listes électorales.

Human Rights Watch a déclaré que les autorités indiennes devraient mettre fin aux politiques discriminatoires, à l'incitation à la haine et aux actes illégaux à l’encontre des musulmans, des chrétiens ainsi que d’autres minorités religieuses, et garantir la justice pour les victimes. Elles devraient cesser de harceler et de poursuivre en justice les organisations de la société civile, les opposants politiques du BJP ainsi que les manifestants pacifiques, et abandonner immédiatement toutes les accusations à motivation politique portées contre des activistes et d’autres personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement.

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